Les Bourgeoises d’Angoulême
“Angoulême est une ville qui ressemble au Sud lorsqu’il fait beau. Si le ciel est bleu, si vous êtes assis sur la place du palais de justice et que vous regardez au dessus des toits en direction de l’église Saint-André, vous pourriez croire l’Italie toute proche. Les jours de pluie, les rues étroites s’assombrissent, les pavés ruisselants se dérobent sous les talons, les murs sont gris. Au loin, par delà les remparts, le paysage est figé dans la brume, seule la gare, au pied de la ville, fait entendre le bruit strident des wagons sur les rails. A quatre heure et demie, les enfants déboulent de l’école le cartable sur le dos pour acheter des “chocolatines”. Derrière eux, des femmes nonchalantes et pomponnées, les mains sur des poussettes pleines d’enfants mouchés et peignés, passent en discutant. Ce sont elles les “ bourgeoises”, toutes occupées à l’heure des mamans, et toutes seules à l’heure de la femme…”
Les Bourgeoises d’Angoulême
“Angoulême is a city that in good weather looks like the south of France. If the sky is blue and you are sitting in the town square in front of the courthouse, you could look up over the rooftops towards St André’s Church and imagine that Italy is near. On rainy days, the narrow streets grow dim and grey. Slippery cobblestones give way under foot. Looking out from the ramparts through the haze, everything in the landscape seems frozen except for down at the foot of town where rail cars at the train station send up shrill sounds. At four thirty, children with schoolbags on their backs tumble out of school and are off to buy "chocolatine ” at the bakery. Following along behind them, are well-dressed nonchalant women who talk among themselves as they push strollers that carry little children with carefully combed hair and freshly blown noses. These women are the “ bourgeoises”, those well-bred upper class women. All busy at being Mothers but all alone as Women…”